Le Trio en Mi bémol

D'après une oeuvre d'Eric Rohmer 

On sait peu qu’Éric Rohmer s’est aussi essayé au théâtre. En 1987, il crée Le Trio en mi bémol au Théâtre Renaud-Barrault, désormais Théâtre du Rond-Point. Le sujet de cette pièce devait être le cœur d’une des histoires de son film Reinette et Mirabelle. Mais parce que le film était déjà suffisamment long, il décide de le développer et de l’écrire pour le théâtre.

Le Trio en mi bémol est, comme souvent dans les films d’Éric Rohmer, une intrigue qui découle d’un acte manqué, d’un espoir déçu, d’une attente, d’un « pari sur l’être humain », d’un heureux hasard, sorte de coup du destin qui conduit à une fin résolument optimiste. Elle met en jeu deux personnages, un homme, Paul, et une femme, Adèle, ainsi qu’un troisième personnage impalpable, la musique, «... l’art le plus indifférent aux prestiges de l’objet matériel », qui réunit les deux protagonistes après avoir failli les séparer.

Affiche Trio en Mi Bémol

La musique

La musique est véritablement le troisième partenaire des deux protagonistes de la pièce. Après les « scènes d’exposition », elle est le cœur des échanges et des antagonismes entre eux, jusqu’à la résolution musicale de l’intrigue, l’écoute commune et émerveillée du trio de Mozart.

La présence au plateau des musiciens de l’ensemble Ars Nova matérialise ainsi la place et l’existence de ce personnage invisible mais pourtant bien présent que Rohmer désigne à travers les œuvres des plus grand maîtres.

Véritable seuil sensible entre les deux personnages, la musique devient ici la caméra et le projecteur de cette pellicule vibratoire, permettant de faire entendre ce qui n’est pas dit et d’attirer l’oreille vers les murmures de l’Être. C’est avec pudeur et justesse, en parfaite harmonie avec la place qu’Éric Rohmer accorde à la musique dans son art, que les trois musiciens du Trio en mi bémol participent activement au jeu, notamment dans les transitions entre les différents tableaux.  

programme 

  • Wolfgang Amadeus Mozart - Le Trio des Quilles K. 498, Andante
  • Robert Schumann - Histoire de conte de fées (Märchenerzählungen), opus 132, mouvements 1 et 2
  • György Kurtàg - Hommage à R. Sch., mouvements 1 et 2 et Doloroso
  • Alexandros Markéas - Mi Trio

Mise en scène et scénographie
Véronique Lesergent

Costumes
Elisabeth de Sauverzac

Lumière
Thierry d'Oliveira Reis

Régie générale
Erwan Le Métayer 

Distribution
Eleonore Dupraz, comédienne
Ugo Broussot, comédien
Eric Lamberger, clarinette
Michel Maurer, piano
Alain Trésallet, alto

Production déléguée
Ars Nova ensemble instrumental. 

Coproduction 
Compagnie L’Instant Mômes, Compagnie du Domaine Théâtral. 

Soutiens
Ville de Tulle, L’empreinte - Scène nationale Brive-Tulle, Conservatoire de Tulle et de la commune de Monceaux-sur-Dordogne.

“Sans pousser trop loin le paradoxe, je dirais volontiers que j’aime Mozart parce qu’il est dissonant.”

Éric Rohmer 

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